RÉCITS D’INTERVENTIONS

Récit d’une intervention dans une structure éducative

Nous sommes intervenus à quatre socianalystes pour une intervention de cinq jours au sein d’une structure éducative. L’assemblée était composée d’une vingtaine de personnes, avec des invité·es ponctuel·les, sollicité·es en fonction de leur connaissance ou de leur expérience au sein de la structure. Le dispositif nous a permis d’explorer les blocages qui enrayaient la dynamique de l’équipe en place. Depuis quelques années, l’équipe a vécu plusieurs crises : suppressions de postes, départs choisis ou imposés, important renouvellement d’équipe. L’assemblée est revenue sur les enjeux et le vécu de ces situations problématiques. Le travail autour des questions de légitimité a mis en lumière des rapports de force liés à la question de l’ancienneté et/ou du genre et visibilisé ces enjeux sous-jacents. Ces dynamiques internes s’articulent avec une forte tension entre la défense du projet initial et l’évolution de son fonctionnement au regard des liens avec le public et les partenaires. L’intervention a permis de prendre en considération l’ensemble de ces paramètres pour poser la nécessité d’un travail collectif autour de la refonte du projet d’établissement.

Récit d’une intervention dans un habitat groupé

Nous sommes intervenus à trois socianalystes, pendant cinq jours, au sein d’un habitat groupé en crise. Ce collectif, composé de six adultes et trois enfants, vit sur un même hameau depuis trois ans au moment de notre intervention au sein de maison, caravanes, habitats légers. Le conflit se cristallise autour du partage d’un terrain que certain·es convoitent sans parvenir à se mettre d’accord sur son découpage. Certains membres du collectif ne s’adressent plus la parole depuis plus d’un an et les travaux sur la maison commune sont à l’arrêt. Notre intervention a pris la forme d’assemblées constituées principalement par les adultes participant à ce groupement d’habitats – les voisins concernés par la situation furent invités à participer à une assemblée durant une journée. Au cours de ces assemblées certaines incompréhensions ont pu se formuler et certains conflits latents être mis au jour. L’analyse faite par tous et toutes de la situation a permis à ce collectif d’habitations de basculer vers un nouveau mode de fonctionnement : moins d’engagements vis-à-vis du collectif et formalisation de ces engagements. Par ailleurs, ce collectif fonctionnait jusqu’alors sous le régime du silence, la socianalyse a été l’occasion de lever la chape de plomb et de permettre à chacun, chacune de s’exprimer en son nom. Nous avons donc mis au travail d’une part les conflits interpersonnels, et d’autre part la dynamique de ce collectif qui s’est révélée fonctionner de façon trop totalisante et mue par un idéal inatteignable. Après un long travail de déblayage une issue a pu être trouvé quant au partage du terrain.